Carbon Market Watch

Carbon Market Watch (anciennement CDM Watch) scrute les marchés du carbone et milite pour une protection efficace et juste du climat.

WATCH THIS! Lettre d’Information des ONG n°12: Toujours plus d’incertitudes autour de Barro Blanco

08 Sep 2015

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La situation concernant le barrage hydroélectrique de Barro Blanco, un projet agréé dans le cadre du MDP est de plus en plus incertaine. Le présent article offre un aperçu des raisons de cet échec et offre des solutions pour avancer.

En février 2015, le Panama a décidé de suspendre temporairement la construction, terminée à 95 %, du barrage hydroélectrique de Barro Blanco – un projet agréé en vertu du mécanisme de compensation carbone du Mécanisme de Développement Propre (MDP) des Nations Unies. La suspension était justifiée en raison du non-respect des exigences de l’étude d’impacts environnementaux nationaux, et notamment des lacunes dans l’accord conclu avec les communautés indigènes touchées, le peuple Ngöbe Bugle. En guise de complément, une table ronde a été organisée entre l’état panaméen et les communautés locales pour discuter de la compatibilité du barrage avec les lois nationales et les droits humains.

Le comportement scandaleux des bailleurs de fonds européens

Tous les regards se sont tournés vers les banques européennes impliquées dans le financement du projet, car de leur opinion sur la suspension dépend le succès du dialogue. Mais, au lieu d’adopter une attitude conciliante, les banques ont jeté de l’huile sur le feu. Dans un courrier, dont les médias ont eu connaissance, elles ont envoyé des menaces au gouvernement panaméen stipulant que « deprotest4-790x556s mesures telles que celles prises à l’encontre de GENISA [le project manager] pourraient avoir des répercussions sur les prochaines décisions d’investissement et nuire aux investissements à long terme au Panama » !

Cette attitude honteuse de la part des bailleurs de fonds européens a été désavouée en mai à la publication d’un rapport du mécanisme indépendant de résolution des plaintes (ICM) des banques de développement allemande et néerlandaise (DEG et FMO), les deux bailleurs de fonds européens. Selon la conclusion de ce rapport, les banques ont enfreint leurs propres politiques en ne procédant pas à une évaluation adéquate des risques pour les droits des indigènes et l’environnement avant d’approuver un prêt de 50 millions de dollars au project manager, GENISA.

Pas de dénouement heureux

Après 3 mois de négociations, l’état panaméen a succombé à la pression en refusant la demande de Ngobe, sous prétexte que « la poursuite du projet était une question d’intérêt national ». Depuis lors, la situation ne cesse de s’envenimer.

Ngobes, qui a conclu Edilma Pinto, 17, suffered a fractured foot during the police crackdown.que le gouvernement n’annulerait pas Barro Blanco, a organisé une manifestation pacifique. Le 25 juillet, lors du blocage d’une route, bon nombre d’entre eux, notamment des femmes et des enfants – ont été arrêtés et blessés. Aujourd’hui, la tension se fait de plus en plus lourde.

Les règles doivent changer

Barro Blanco n’est qu’un triste exemple de plus témoignant de la nécessité pour les peuples affectés par le projet de disposer d’un moyen de recours si les activités d’un projet du MDP nuisent aux communautés et à l’environnement, à un moment ou à un autre, au cours du projet. Il est également indispensable de mettre en place des garanties solides pour encadrer l’approbation de projets MDP ainsi que des mécanismes de réclamation aux niveaux international et national.

À cet égard, des associations locales ont envoyé un courrier au comité exécutif du MDP en juillet pour les informer de la situation et leur demander de prendre des mesures. Dans sa réponse le comité du MDP a rappelé qu’il avait adopté une procédure permettant à l’autorité nationale désignée (AND) d’un pays d’accueil de retirer son approbation/autorisation du projet. Par ailleurs, le conseil a assuré un suivi au panama et a transféré le courrier, rappelant la procédure de retrait. Plus que jamais, le sort de Barro Blanco est entre les mains du gouvernement panaméen.

Par Pierre-Jean Brasier – Coordinateur du réseau de Carbon Market Watch  cmw


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